Tout ce que vous devez savoir sur l’assurance emprunteur

25 avril 2024

L’assurance emprunteur accompagne la plupart des projets de financement immobilier. Elle peut prendre en charge tout ou partie des échéances du prêt lorsque survient un événement couvert par le contrat, par exemple un décès, une perte totale et irréversible d’autonomie, une invalidité ou une incapacité temporaire de travail. Elle constitue donc un élément important du financement, mais son coût et l’étendue de ses garanties peuvent varier sensiblement d’un contrat à l’autre.

Contrairement à une idée répandue, l’assurance emprunteur n’est pas légalement obligatoire pour obtenir un prêt immobilier. En pratique, la banque l’exige généralement pour sécuriser le remboursement du crédit. Elle peut proposer son contrat d’assurance groupe, mais l’emprunteur reste libre de choisir un autre assureur à condition que le nouveau contrat respecte le niveau de garanties exigé par l’établissement prêteur.

Cette possibilité de choisir son assurance, appelée délégation d’assurance, est devenue particulièrement intéressante pour les emprunteurs qui souhaitent réduire le coût de leur financement ou rechercher des garanties mieux adaptées à leur situation. Depuis la loi Lemoine, le changement d’assurance emprunteur est également beaucoup plus souple : depuis le 1er septembre 2022, un emprunteur peut demander la substitution de son contrat à tout moment, sans attendre la première année du crédit.

À quoi sert exactement une assurance emprunteur ?

Un crédit immobilier engage l’emprunteur sur une période souvent longue. Pendant toute cette durée, un accident de la vie peut modifier considérablement sa capacité à rembourser les mensualités. L’assurance emprunteur intervient précisément pour couvrir certains de ces risques, dans les limites prévues par le contrat.

Selon les garanties souscrites et les exigences de la banque, l’assurance peut notamment intervenir en cas de décès, de perte totale et irréversible d’autonomie, d’invalidité permanente totale ou partielle et d’incapacité temporaire de travail. Une garantie perte d’emploi peut également être proposée dans certains contrats, mais elle n’est pas une garantie obligatoire de l’assurance emprunteur.

Il ne faut cependant pas considérer que l’assureur rembourse automatiquement toutes les mensualités dès qu’un problème survient. La prise en charge dépend de la garantie concernée, de la définition contractuelle de l’événement, de la quotité assurée, des éventuelles franchises, des délais de carence, des plafonds et des exclusions prévues par le contrat.

C’est précisément pour cette raison qu’une assurance emprunteur ne doit pas être comparée uniquement sur son prix. Deux contrats affichant une cotisation différente peuvent proposer des niveaux de protection sensiblement différents. Un contrat moins cher n’est réellement intéressant que si ses garanties correspondent au besoin de l’emprunteur et aux exigences de la banque.

Assurance groupe ou assurance individuelle : quelle différence ?

Lorsqu’une banque accorde un prêt immobilier, elle propose généralement son propre contrat d’assurance emprunteur, souvent appelé contrat groupe. Ce fonctionnement permet à la banque de proposer une solution standardisée à une grande partie de ses clients.

Mais accepter l’assurance proposée par la banque n’est pas une obligation. L’emprunteur peut rechercher un contrat auprès d’un assureur différent. C’est ce que l’on appelle la délégation d’assurance. La banque ne peut pas modifier les conditions du prêt simplement parce que l’emprunteur choisit une assurance externe, à condition que le contrat retenu respecte les garanties exigées.

La comparaison entre assurance groupe et assurance individuelle mérite donc d’être menée au-delà du montant de la prime. Les contrats peuvent notamment différer dans leur mode de tarification, leur définition des risques, leurs exclusions, leurs franchises, leurs limites d’âge ou encore leurs modalités d’indemnisation.

Pour déterminer les garanties minimales exigées par la banque, il est utile de consulter la fiche personnalisée remise dans le cadre du prêt. Ce document précise notamment les risques couverts et les quotités demandées. Il sert de référence pour vérifier si un nouveau contrat présente bien un niveau de garanties équivalent. :contentReference[oaicite:4]{index=4}

Que signifie la délégation d’assurance emprunteur ?

La délégation d’assurance consiste à assurer le prêt auprès d’un organisme différent de celui proposé par la banque. L’emprunteur conserve ainsi son crédit auprès de son établissement prêteur tout en confiant la couverture des risques assurés à un autre assureur.

Cette solution peut être intéressante lorsqu’un contrat externe propose un tarif plus compétitif ou des garanties mieux adaptées au profil de l’emprunteur. Elle peut également permettre de remettre en concurrence l’assurance plusieurs années après la souscription du prêt.

Si vous souhaitez étudier différentes solutions, vous pouvez notamment consulter les offres présentées sur https://www.cardif.fr/assurance-emprunteur. Cette démarche doit toutefois rester une comparaison : le meilleur contrat n’est pas nécessairement celui qui affiche la cotisation la plus basse, mais celui qui répond à la fois aux besoins de l’assuré et aux exigences du prêteur.

Lors d’un changement, le nouveau contrat doit donc être étudié avant de demander la résiliation de l’ancien. Le but est d’éviter toute interruption de couverture et de vérifier que la banque pourra accepter la substitution.

Quelles garanties peut contenir une assurance emprunteur ?

Les garanties ne sont pas identiques dans tous les contrats. Certaines sont généralement demandées par les banques, tandis que d’autres peuvent être proposées en fonction du projet, du profil de l’emprunteur ou des caractéristiques du crédit.

La garantie décès

En cas de décès de l’assuré, l’assurance peut prendre en charge tout ou partie du capital restant dû, dans la limite de la quotité assurée et conformément aux conditions du contrat. Cette garantie permet notamment de protéger les autres emprunteurs lorsque le crédit a été souscrit à plusieurs.

La PTIA

La perte totale et irréversible d’autonomie, souvent désignée par l’acronyme PTIA, correspond à une situation particulièrement grave dans laquelle l’assuré se trouve dans l’impossibilité définitive d’exercer une activité rémunératrice et doit avoir recours à l’assistance d’une tierce personne dans les conditions définies par le contrat.

L’invalidité

Les garanties d’invalidité peuvent prendre différentes formes, notamment l’invalidité permanente totale ou partielle. Les conditions de déclenchement et le mode de calcul de la prise en charge doivent être examinés avec attention, car les définitions contractuelles peuvent varier d’un assureur à l’autre.

L’incapacité temporaire de travail

L’incapacité temporaire de travail peut permettre une prise en charge des échéances lorsque l’assuré est temporairement dans l’impossibilité de travailler en raison d’un événement couvert. Là encore, le contrat précise les conditions de prise en charge, les franchises, les limites et les éventuelles exclusions.

La perte d’emploi

La garantie perte d’emploi est facultative. Lorsqu’elle est proposée, elle doit être étudiée avec une attention particulière, car elle peut comporter des conditions strictes : type de rupture du contrat de travail, durée maximale d’indemnisation, délai de carence, franchise ou âge limite. Une perte d’emploi ne déclenche donc pas nécessairement une prise en charge automatique des mensualités.

Pourquoi faut-il lire les exclusions avant de signer ?

Une garantie n’a de valeur pratique que si l’événement qui survient entre effectivement dans son champ d’application. C’est pourquoi la lecture des exclusions est aussi importante que celle des garanties annoncées dans la présentation commerciale.

Une exclusion peut concerner certaines activités, certaines pathologies, certaines pratiques sportives ou certaines circonstances dans lesquelles le sinistre survient. Les contrats peuvent également prévoir des restrictions concernant certaines affections, des franchises ou des conditions particulières pour les garanties incapacité et invalidité.

Il faut également vérifier la manière dont l’invalidité est évaluée. Certains contrats retiennent des critères liés à l’activité professionnelle de l’assuré, tandis que d’autres peuvent utiliser des définitions différentes. Cette distinction peut avoir des conséquences importantes lorsque l’état de santé permet encore d’exercer une autre profession mais empêche l’assuré de poursuivre son activité habituelle.

La notice du contrat constitue donc un document essentiel. Les informations commerciales donnent une première vision de la couverture, mais les conditions contractuelles permettent de comprendre précisément les droits, les obligations, les limites et les exclusions.

Comment comparer deux assurances emprunteur ?

Comparer deux contrats ne consiste pas simplement à mettre deux tarifs mensuels côte à côte. Le coût de l’assurance doit être rapproché du niveau réel de protection et de la structure des garanties.

La fiche standardisée d’information facilite cette première comparaison. Elle présente notamment les principales caractéristiques de l’assurance ainsi que son coût estimatif sur les premières années et sur la durée totale du contrat. La fiche personnalisée permet ensuite de vérifier les garanties et quotités exigées par le prêteur.

Construisons votre projet

Étude de votre projet — maison, extension, rénovation.

Demander un devis

Le montant total de l’assurance est évidemment un élément important. Mais il faut également regarder la façon dont les cotisations sont calculées. Selon les contrats, la prime peut notamment être déterminée à partir du capital initial ou du capital restant dû. Deux offres ayant une cotisation mensuelle proche peuvent donc présenter un coût total différent sur la durée du prêt.

Il faut aussi examiner les garanties, les exclusions, les franchises, les délais de carence, les plafonds d’indemnisation et les conditions de cessation des garanties. Pour une personne pratiquant régulièrement un sport ou exerçant une profession particulière, certaines exclusions peuvent notamment être déterminantes dans le choix du contrat.

Comment calculer la quotité d’assurance pour un emprunt à deux ?

Lorsqu’un prêt est souscrit par deux personnes, la quotité détermine la part du capital assurée sur chaque tête. Elle ne doit donc pas être confondue avec un simple pourcentage de réduction de la mensualité.

Une répartition de 50 % sur chaque emprunteur signifie que chacun est assuré à hauteur de la moitié du capital. Si un événement couvert entraîne la mise en jeu de la garantie sur l’un des deux, l’assureur intervient dans la limite de la part assurée sur cette personne et selon les conditions du contrat.

Une couverture de 100 % sur chaque emprunteur signifie, sous réserve des conditions du contrat, que le capital est assuré à 100 % sur chacune des deux personnes. Si le risque couvert survient sur l’un des emprunteurs, la prise en charge peut alors porter sur la totalité du capital restant dû, dans les limites contractuelles.

Le choix de la quotité doit être réfléchi en fonction de la répartition des revenus, de la capacité de remboursement de chacun et de la situation familiale. Il n’existe pas une répartition universelle adaptée à tous les couples. Le niveau choisi doit également correspondre aux exigences de la banque.

Peut-on changer d’assurance emprunteur après avoir signé son prêt ?

Oui. Depuis le 1er septembre 2022, la loi Lemoine permet aux emprunteurs de changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans attendre la date anniversaire du contrat et sans frais de résiliation. Cette possibilité concerne également les prêts immobiliers déjà en cours.

Cette évolution a profondément simplifié la mise en concurrence des assurances. Il n’est donc plus nécessaire d’attendre une échéance annuelle pour rechercher un contrat plus adapté. L’emprunteur peut comparer les solutions disponibles à n’importe quel moment de la vie du crédit.

Le changement n’est toutefois pas automatique. Le nouveau contrat doit présenter un niveau de garanties équivalent à celui exigé par la banque. L’établissement prêteur peut refuser la substitution si cette condition n’est pas respectée, mais le refus doit être justifié par un motif légitime.

Quelles sont les étapes pour changer d’assurance emprunteur ?

La première étape consiste à identifier précisément les garanties exigées par la banque. La fiche personnalisée remise lors de la souscription du prêt constitue un document particulièrement utile pour connaître les garanties et les quotités minimales attendues.

Il faut ensuite rechercher un nouveau contrat et comparer ses garanties avec celles exigées par le prêteur. L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un tarif inférieur : il faut vérifier que le contrat répond bien aux critères d’équivalence retenus par la banque.

Une fois le nouveau contrat choisi, la demande de substitution peut être adressée à la banque avec les documents nécessaires. Le nouveau contrat doit préciser sa date de prise d’effet. La banque dispose alors d’un délai de 10 jours à compter de la réception du dossier complet pour répondre à la demande de substitution.

La banque peut accepter le changement ou le refuser pour un motif légitime, notamment lorsque les garanties ne sont pas équivalentes. Lorsque le dossier est incomplet, il est important de fournir rapidement les pièces demandées afin de ne pas retarder la procédure.

La DGCCRF a d’ailleurs relevé que les dossiers incomplets, les informations manquantes et les problèmes d’équivalence des garanties figurent parmi les difficultés rencontrées dans les demandes de substitution. Elle rappelle également que les établissements doivent mettre à disposition des informations permettant de comprendre les modalités pratiques du changement d’assurance.

Faut-il résilier son ancienne assurance avant d’avoir obtenu l’accord de la banque ?

Il est préférable de ne pas procéder de manière désordonnée. Le changement doit être organisé pour que l’ancien contrat et le nouveau contrat s’enchaînent correctement et que le prêt reste couvert conformément aux exigences du prêteur.

La demande de substitution doit donc être préparée à partir du nouveau contrat et de sa date de prise d’effet. L’emprunteur doit suivre les modalités de résiliation prévues par les textes et par son contrat. Depuis les évolutions introduites par la loi Lemoine, la demande de résiliation peut notamment être effectuée par lettre ou autre support durable, selon les modalités prévues, et certains assureurs doivent également proposer la résiliation en ligne lorsqu’ils permettent la souscription en ligne.

L’essentiel est donc de coordonner la résiliation et la prise d’effet du nouveau contrat plutôt que de créer une période pendant laquelle le prêt ne serait plus couvert par l’assurance exigée.

La banque peut-elle refuser une nouvelle assurance emprunteur ?

La banque ne peut pas refuser librement une assurance externe simplement parce qu’elle n’est pas celle qu’elle avait proposée. L’assurance alternative doit cependant présenter un niveau de garanties équivalent à celui exigé dans le cadre du crédit.

Cette notion d’équivalence est fondamentale. Il ne suffit pas qu’un nouveau contrat couvre « le décès et l’invalidité » pour être automatiquement accepté. Les définitions précises des garanties, les franchises, les exclusions, les plafonds et les autres critères pris en compte peuvent faire la différence.

La banque doit répondre à la demande dans un délai de 10 jours à compter de la réception du dossier complet. En cas de refus, celui-ci doit être motivé. La réglementation vise ainsi à éviter qu’une demande de changement soit bloquée sans explication.

La loi Lemoine permet-elle réellement de changer d’assurance en quelques clics ?

La loi Lemoine a considérablement simplifié le changement d’assurance, mais la réalité administrative reste plus complète qu’un simple clic. Il faut comparer les contrats, vérifier l’équivalence des garanties, constituer le dossier et obtenir l’accord du prêteur avant de finaliser la substitution.

La loi a surtout supprimé une contrainte majeure : l’obligation d’attendre une échéance annuelle pour changer de contrat. L’emprunteur peut désormais engager la démarche quand il le souhaite, ce qui rend beaucoup plus facile la remise en concurrence de son assurance pendant toute la durée du prêt.

Le changement peut donc être particulièrement pertinent lorsque la situation de l’emprunteur évolue, lorsque le capital restant dû devient significativement inférieur au montant initial ou lorsqu’une nouvelle offre présente un meilleur rapport entre coût et garanties.

Que faut-il savoir sur le questionnaire de santé ?

La loi Lemoine a également modifié les règles relatives au questionnaire médical dans certaines situations. Depuis le 1er juin 2022, il n’est plus demandé lorsque la part assurée par personne est inférieure ou égale à 200 000 euros et que le remboursement total du prêt est prévu avant le 60e anniversaire de l’assuré.

Dans les autres situations, notamment lorsque les conditions relatives au montant assuré ou à l’âge à la fin du prêt ne sont pas remplies, un questionnaire de santé peut rester nécessaire. Il faut alors répondre aux questions de manière exacte et complète. Les informations médicales servent à l’assureur pour évaluer le risque et déterminer les conditions de couverture.

Le questionnaire ne doit donc pas être traité comme une formalité anodine. Une réponse inexacte peut avoir des conséquences sur le contrat et sur l’indemnisation d’un sinistre. Il est préférable de prendre le temps de vérifier les informations demandées et, en cas de doute sur une question, de demander une précision à l’assureur.

Et si l’emprunteur présente un risque de santé particulier ?

Les personnes présentant ou ayant présenté certains problèmes de santé peuvent rencontrer des conditions d’assurance différentes. Selon la situation, l’assureur peut proposer une couverture avec des conditions particulières, une exclusion ou une tarification adaptée au risque.

Devis rapide et précis

Plans, délais, budget — on s’occupe de tout.

Obtenir un devis

La convention AERAS vise précisément à faciliter l’accès à l’assurance et au crédit pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Lorsque les conditions habituelles d’assurance ne permettent pas d’obtenir une couverture standard, le dossier peut être examiné selon les mécanismes prévus par cette convention.

Le droit à l’oubli constitue également une disposition importante pour certaines personnes ayant été confrontées à un cancer ou à une hépatite C, lorsque les conditions prévues par la réglementation sont remplies. Les règles applicables dépendent notamment de la nature de la pathologie et du délai écoulé depuis la fin du protocole thérapeutique.

Comment réduire le coût de son assurance emprunteur ?

Le premier levier consiste à comparer le contrat proposé par la banque avec plusieurs contrats alternatifs. La différence de prix peut être significative, notamment pour certains profils, mais elle dépend de l’âge, du montant du crédit, de la durée restante, de la quotité, des garanties choisies et des caractéristiques personnelles de l’emprunteur.

Le deuxième levier consiste à examiner le coût sur la durée restante du prêt plutôt que de se limiter au montant de la première mensualité d’assurance. Une offre temporairement moins chère n’est pas nécessairement la plus économique sur l’ensemble du crédit.

Le troisième consiste à vérifier que les garanties supplémentaires sont réellement utiles. Ajouter une couverture facultative peut être pertinent dans certaines situations, mais il faut en mesurer le coût et comprendre précisément ce qu’elle couvre. Une garantie perte d’emploi, par exemple, peut apporter une protection supplémentaire, mais ses conditions d’indemnisation doivent être examinées avant de la souscrire.

Enfin, la quotité doit être adaptée au projet. Dans un emprunt à deux, une couverture élevée sur chaque tête apporte une protection plus importante mais peut également augmenter le coût de l’assurance. Le choix doit être cohérent avec les revenus respectifs, les charges du foyer et la capacité de chacun à poursuivre le remboursement si l’autre rencontre un événement couvert.

Pourquoi le prix ne doit-il pas être le seul critère de choix ?

Une assurance emprunteur intervient précisément lorsque la situation de l’assuré devient difficile. C’est donc au moment où le risque se réalise que la qualité des garanties prend toute son importance. Une économie réalisée sur la cotisation ne doit pas conduire à une protection insuffisante.

Pour comparer correctement deux contrats, il faut notamment regarder les définitions de l’incapacité et de l’invalidité, les exclusions, les franchises, les plafonds, les limites d’âge, les modalités d’indemnisation et les conditions de cessation des garanties.

La nature de l’activité professionnelle peut également avoir son importance. Une personne exerçant un métier physique et une personne travaillant principalement dans un bureau ne présentent pas nécessairement les mêmes besoins en matière de couverture incapacité-invalidité. De la même manière, certaines pratiques sportives ou activités particulières peuvent être traitées différemment selon les contrats.

Comment bien préparer une simulation d’assurance emprunteur ?

Une simulation demande généralement plusieurs informations relatives à l’emprunteur et au financement. Parmi les données susceptibles d’être demandées figurent notamment l’âge, le montant du capital assuré, la durée du crédit, le type de projet et, selon les conditions applicables, certaines informations relatives à la situation personnelle et médicale.

Lorsque le prêt est déjà en cours, le capital restant dû est une donnée importante pour comparer une nouvelle assurance. Il faut également connaître la durée restante du crédit et la quotité de chaque emprunteur.

Pour un couple, la simulation doit être réalisée avec les caractéristiques propres à chacun. Le coût peut varier selon l’âge, la situation et les garanties de chaque assuré. Une remise commerciale annoncée pour deux emprunteurs ne doit donc pas être considérée isolément : le montant final et les garanties du contrat restent les éléments à comparer.

Lorsque des informations de santé sont demandées, elles doivent être renseignées avec exactitude. Il ne faut jamais chercher à minorer volontairement un risque pour obtenir une prime plus basse, car la sincérité des déclarations fait partie des éléments essentiels du contrat d’assurance.

Quand est-il intéressant de revoir son assurance emprunteur ?

Il n’existe plus de date anniversaire à attendre pour effectuer une comparaison. Depuis la réforme issue de la loi Lemoine, l’emprunteur peut changer d’assurance à tout moment. Il peut donc être pertinent de réexaminer son contrat lorsque le crédit est déjà en cours et que l’offre d’assurance disponible sur le marché a évolué.

Une réévaluation peut également être intéressante lorsque le capital restant dû a diminué, lorsque la situation professionnelle ou familiale a changé ou lorsqu’une nouvelle assurance propose une couverture mieux adaptée. L’objectif est alors de vérifier si le contrat actuel reste compétitif par rapport aux solutions accessibles.

Il faut cependant toujours comparer les garanties du nouveau contrat avec celles exigées par la banque. Une baisse de prix obtenue au moyen de garanties moins protectrices ne constitue pas nécessairement une amélioration de la situation de l’emprunteur.

Quels documents faut-il conserver ?

Les documents liés à l’assurance emprunteur méritent d’être conservés pendant toute la durée du prêt. Il est notamment utile de garder la fiche standardisée d’information, la fiche personnalisée, le certificat d’adhésion, les conditions générales et particulières ainsi que les éventuels avenants.

En cas de changement d’assurance, il est également prudent de conserver les documents relatifs à l’ancien contrat, au nouveau contrat et à l’accord de substitution de la banque. Ces pièces permettent de retrouver précisément la couverture applicable à chaque période du crédit.

Cette organisation documentaire est particulièrement utile lorsqu’un emprunteur doit déclarer un sinistre plusieurs années après la souscription. Les conditions applicables doivent alors pouvoir être identifiées sans ambiguïté.

Les points essentiels à vérifier avant de changer de contrat

Avant d’engager une substitution, l’emprunteur a intérêt à commencer par retrouver sa fiche personnalisée et à identifier les garanties exigées par la banque. Il doit ensuite comparer ces exigences avec le nouveau contrat, sans se contenter de regarder les garanties commerciales affichées en première page.

Le coût total restant à payer doit être comparé, tout comme les modalités de calcul des cotisations. Les exclusions et franchises doivent être lues attentivement, notamment pour les garanties incapacité et invalidité. Les plafonds et les limites d’âge doivent également être vérifiés.

Lorsque le prêt est souscrit à deux, la quotité de chaque emprunteur doit être comparée entre l’ancien et le nouveau contrat. Une modification de cette répartition peut changer sensiblement le niveau de protection du foyer.

Enfin, le changement doit être coordonné avec la banque afin d’obtenir son accord et d’assurer la continuité de la couverture. La réglementation prévoit un délai de 10 jours pour la réponse de l’établissement à compter de la réception du dossier complet.

L’assurance emprunteur reste un élément à part entière du financement immobilier

Le coût d’une assurance emprunteur peut représenter une part non négligeable du budget consacré au crédit. Mais son rôle dépasse largement la question du prix. Elle contribue à protéger l’emprunteur, ses proches et le patrimoine financé lorsque certains événements graves empêchent le remboursement normal du prêt.

La liberté de choisir son assureur permet désormais de remettre régulièrement en concurrence le contrat sans attendre une échéance annuelle. Cette possibilité doit être utilisée avec méthode : comparer le coût, vérifier les garanties, contrôler les exclusions, tenir compte de la quotité et obtenir la validation de la banque sont les principales étapes d’une substitution réussie.

Une assurance emprunteur adaptée n’est donc pas nécessairement la moins chère. Elle doit surtout offrir une protection cohérente avec le profil de l’emprunteur et respecter les exigences du financement. La fiche standardisée d’information et la fiche personnalisée constituent à ce titre des supports précieux pour comparer les propositions de manière plus objective.