Isoler un plancher bas permet de réduire les échanges de chaleur entre les pièces chauffées et une cave, un garage, un vide sanitaire ou le terrain situé sous la maison. Le gain ne dépend toutefois pas uniquement de l’épaisseur d’isolant ajoutée. La configuration du bâtiment, l’état du support, la présence d’humidité et surtout la continuité de la couche isolante conditionnent directement le résultat.
Dans l’exemple donné par l’ADEME pour une maison construite avant 1974, le plancher bas représente environ 10 % des pertes de chaleur. Cette valeur ne constitue pas une règle applicable à tous les logements : la répartition réelle varie selon les caractéristiques du bâtiment et les travaux déjà réalisés. Une bonne isolation thermique du sol améliore également la température de surface du plancher et réduit la sensation de froid au niveau des pieds.
Qu’appelle-t-on isolation du sol ou du plancher bas ?
Le plancher bas est la paroi qui sépare une pièce chauffée de ce qui se trouve en dessous : terrain, vide sanitaire, cave, sous-sol, garage non chauffé ou passage ouvert. Son isolation vise principalement à ralentir les transferts de chaleur à travers cette paroi et à traiter autant que possible les ponts thermiques situés à ses jonctions avec les murs.
Il faut distinguer deux grandeurs lorsque l’on choisit un isolant :
- la conductivité thermique λ, exprimée en W/(m.K) : plus elle est faible, plus le matériau est isolant à épaisseur identique ;
- la résistance thermique R, exprimée en m².K/W : plus elle est élevée, plus la couche d’isolant oppose de résistance au passage de la chaleur.
Pour comparer deux solutions, la valeur R réellement obtenue avec l’épaisseur prévue est donc plus informative que le simple nom du matériau.
Faut-il isoler le sol par le dessous ou par le dessus ?
Le choix dépend avant tout de ce qui se trouve sous le plancher. Lorsque celui-ci donne sur une cave, un sous-sol ou un vide sanitaire accessible, l’isolation par le dessous est généralement la solution la moins perturbante pour l’intérieur du logement. Lorsque la sous-face est inaccessible ou que le plancher repose sur un terre-plein, une intervention par le dessus peut devenir nécessaire.
Il existe également des solutions dans lesquelles l’isolant est placé entre les éléments porteurs d’un plancher, notamment dans certaines structures en bois. La méthode doit donc être choisie après identification précise du type de plancher.
Isolation du plancher par le dessous : la solution à privilégier lorsqu’elle est possible
Cette méthode consiste à fixer ou appliquer l’isolant contre la face inférieure du plancher. Elle évite de déposer le revêtement des pièces chauffées et ne réduit pas leur hauteur sous plafond.
Elle est particulièrement pertinente lorsque le rez-de-chaussée est situé au-dessus d’une cave, d’un sous-sol, d’un passage ou d’un garage non chauffé. L’isolation garage et celle du plancher qui le sépare des pièces chauffées doivent néanmoins être distinguées : l’objectif est ici de créer une barrière thermique continue au plus près du volume chauffé.
Comment poser des panneaux isolants en sous-face ?
Sur une dalle relativement plane, des panneaux rigides ou semi-rigides spécifiquement conçus pour cet usage peuvent être fixés mécaniquement ou selon le procédé prévu par le fabricant.
La qualité de la pose repose sur plusieurs points :
- poser les panneaux jointivement sans laisser de passages d’air entre eux ;
- maintenir l’isolant aussi près que possible du plancher ;
- traiter les passages de tuyaux et de réseaux ;
- assurer une continuité aux jonctions avec les murs et les appuis du plancher ;
- utiliser des fixations compatibles avec le support et le système isolant.
L’objectif n’est pas uniquement de couvrir une grande surface. Quelques bandes non isolées en périphérie ou des panneaux présentant des espaces importants entre eux peuvent maintenir des ponts thermiques.
Quel isolant sous un plancher irrégulier ?
Lorsque la sous-face présente des irrégularités, un isolant suffisamment souple peut mieux épouser le support qu’un panneau rigide. Certains procédés projetés ou floqués sont également utilisés dans des configurations particulières.
La solution doit cependant être prévue pour une isolation en sous-face et mise en œuvre avec l’épaisseur nécessaire. Il ne suffit pas de projeter n’importe quelle mousse ou fibre sur le plafond d’une cave.
Comment isoler un plancher situé au-dessus d’un vide sanitaire ?
Lorsqu’un vide sanitaire est suffisamment accessible pour permettre une intervention dans de bonnes conditions, l’isolation se fait ainsi sur le plafond du vide sanitaire, c’est-à-dire en sous-face du plancher de la maison.
Il n’existe pas de hauteur universelle telle que « trois rangées de parpaings » à partir de laquelle le travail devient automatiquement possible. L’accessibilité dépend de la hauteur réelle, des réseaux présents, des dimensions des ouvertures et des conditions de sécurité nécessaires à la mise en œuvre.
Si l’espace est difficilement accessible, un professionnel peut étudier un procédé permettant une application à distance ou dans un volume réduit. Lorsque le vide sanitaire est réellement inaccessible, il faut généralement envisager une isolation par le dessus.
Ne condamnez pas la ventilation du vide sanitaire
La pose de l’isolant ne doit pas conduire à boucher les ouvertures nécessaires à la ventilation du vide sanitaire. Cette ventilation joue notamment un rôle dans la maîtrise de l’humidité.
Avant d’isoler, recherchez les traces d’eau, condensation importante, remontées d’humidité ou infiltrations. Un isolant ne corrige pas l’origine d’un vide sanitaire humide et ne doit pas servir à masquer le problème.
Isolation du sol par le dessus : dans quels cas la choisir ?
L’isolation par le dessus est particulièrement adaptée à une construction neuve ou à une rénovation lourde dans laquelle le revêtement de sol doit déjà être déposé. Elle devient également une solution lorsque la sous-face du plancher est inaccessible, notamment sur certains terre-pleins.
Le principe consiste à placer l’isolant au-dessus de la dalle ou du plancher existant, puis à réaliser le complexe nécessaire pour recevoir le nouveau revêtement.
Selon la solution choisie, les travaux comprennent généralement :
- la dépose du revêtement existant lorsque cela est nécessaire ;
- le contrôle de la planéité, de la stabilité et de l’humidité du support ;
- la réparation ou le ragréage du support si nécessaire ;
- la mise en place des éventuelles membranes prévues par le système ;
- la pose continue des panneaux isolants ;
- le traitement des bandes périphériques ;
- la réalisation de la chape, de la dalle ou du plancher sec ;
- la pose du revêtement final après respect des conditions de séchage.
La chape flottante isolante : comment fonctionne-t-elle ?
La chape flottante est une technique d’isolation par le dessus. Des panneaux isolants adaptés aux sols sont disposés sur le support avant la réalisation d’une chape désolidarisée de la structure.
Cette méthode permet d’améliorer l’isolation thermique et peut également participer au traitement acoustique lorsque le système complet est conçu pour cet usage.
L’isolant placé sous la chape doit être capable de reprendre les charges qui lui seront transmises : chape, revêtement, mobilier et occupants. Un produit uniquement performant thermiquement mais trop compressible n’est pas adapté.
La certification ACERMI distingue d’ailleurs spécifiquement les produits destinés à l’isolation sous chape ou dalle flottante. Cette vérification permet d’éviter d’utiliser au sol un panneau conçu pour les murs ou une laine dont les caractéristiques mécaniques ne correspondent pas à cet usage.
Isolation sous dalle : surtout en construction ou lors d’une rénovation lourde
Dans une construction neuve ou lorsqu’une dalle est entièrement reprise, l’isolant peut être intégré sous le dallage ou dans le complexe de sol prévu dès la conception.
Cette solution permet d’anticiper les niveaux finis, l’épaisseur de l’isolant et les jonctions avec les murs. Elle est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre dans une rénovation légère puisqu’elle peut nécessiter la démolition du sol existant.
Les panneaux utilisés doivent disposer de caractéristiques mécaniques et d’une résistance à l’humidité compatibles avec leur emplacement. Un panneau certifié pour une isolation murale n’est pas automatiquement utilisable sous un dallage.
Le plancher poutrelles-hourdis est-il une technique d’isolation ?
Pas exactement. Le plancher poutrelles-hourdis est avant tout un système constructif porteur composé de poutrelles entre lesquelles sont placés des entrevous, également appelés hourdis, avant la réalisation de la partie structurelle prévue par le procédé.
Certains systèmes utilisent des entrevous présentant des propriétés isolantes ou associent le plancher à une isolation complémentaire en sous-face ou au-dessus. Ils permettent donc de participer à la performance thermique du plancher, mais il est incorrect de présenter la pose d’un plancher hourdis comme une simple technique d’isolation applicable à n’importe quelle rénovation.
Comment isoler un plancher bois ?
Un plancher bois demande une approche différente d’une dalle en béton. Selon sa construction et son accessibilité, l’isolant peut être installé entre les solives, sous celles-ci ou dans un complexe réalisé au-dessus.
Les isolants fibreux semi-rigides sont souvent utilisés entre solives afin de remplir l’espace sans laisser de vides. Le traitement acoustique peut être intégré au projet, notamment lorsqu’il faut limiter les bruits aériens ou les bruits d’impact entre deux niveaux.
Avant d’isoler, examinez l’état des solives et recherchez toute trace d’humidité, de champignon ou d’attaque d’insectes. Enfermer une structure bois humide derrière un nouvel isolant et un parement peut accélérer sa dégradation.
Faut-il installer un pare-vapeur sous l’isolant du sol ?
Pas systématiquement. La nécessité d’une membrane et sa position dépendent du type de plancher, de la nature de l’isolant, des conditions d’humidité et du complexe constructif.
Sur un terre-plein, il faut notamment traiter les remontées d’humidité conformément à la conception du dallage. Sur un plancher bois ou une paroi séparant des ambiances différentes, le comportement de la vapeur d’eau doit être étudié à l’échelle de la paroi complète.
Ajouter arbitrairement un film totalement étanche « par sécurité » peut être contre-productif s’il empêche l’humidité de sécher dans la direction prévue. Respectez les prescriptions du système et, en cas de doute sur une construction ancienne, faites analyser la composition du plancher.
Comment éviter les ponts thermiques pendant la pose ?
La performance finale dépend fortement de la continuité de l’isolation. L’ADEME recommande que les panneaux soient jointifs, posés de manière continue et appliqués contre le plancher lorsqu’ils sont placés en sous-face.
Les zones à surveiller sont notamment :
- les jonctions entre deux panneaux ;
- les raccords avec les murs extérieurs ;
- les poutres et appuis du plancher ;
- les passages de canalisations ;
- les gaines et câbles ;
- les trappes d’accès ;
- les changements de niveau ou de matériau.
Découpez les panneaux avec précision plutôt que de remplir de grands espaces après coup. La mise en œuvre doit rester compatible avec les prescriptions du fabricant concernant les joints et éventuels produits complémentaires.
Quelle épaisseur prévoir pour isoler un sol ?
Il n’existe pas d’épaisseur universelle. Elle dépend principalement de la conductivité thermique du produit et de la résistance thermique que vous souhaitez atteindre.
Par exemple, deux isolants capables d’atteindre R = 3 m².K/W peuvent nécessiter des épaisseurs sensiblement différentes. Certains panneaux PUR ou PIR à faible conductivité thermique atteignent cette performance avec moins d’épaisseur que des isolants dont le lambda est plus élevé.
Si les travaux doivent répondre aux critères actuellement associés au dispositif CEE pour l’isolation d’un plancher bas en France métropolitaine, la résistance thermique de l’isolation installée doit atteindre au moins R = 3 m².K/W. Les critères des dispositifs financiers pouvant évoluer, ils doivent être vérifiés au moment du projet.
Quels isolants choisir pour un plancher ?
Le choix des isolants thermiques doit partir de l’usage réel du produit. Tous les matériaux isolants ne conviennent pas à une pose sous chape, à une sous-face de cave ou à un remplissage entre solives.
| Famille d’isolants | Usages possibles selon le produit | Points à vérifier |
|---|---|---|
| PSE | Sous chape, sous dallage, certaines sous-faces | Résistance mécanique, humidité, R obtenu |
| XPS | Dallage, certaines zones exposées à l’humidité | Compression et domaine d’emploi |
| PUR / PIR | Sous chape, sous dallage, plancher selon les produits | Très bonne performance par cm, caractéristiques mécaniques |
| Laine de roche | Sous-face, entre solives et certains produits sous chape | Densité, compression, protection mécanique |
| Laine de verre | Planchers bois et certaines sous-faces | Produit prévu pour l’usage et maintien de l’épaisseur |
| Fibre de bois ou chanvre | Planchers bois et systèmes spécifiques | Humidité, densité, caractéristiques mécaniques |
| Liège | Différents complexes de sol selon le produit | Résistance thermique, compression et coût |
Vérifiez de préférence la certification du produit et son usage déclaré. La base ACERMI distingue par exemple spécifiquement les isolants destinés à la sous-face des planchers, à la pose sous chape ou au dallage sur terre-plein.
Isolation par le dessus : anticipez la hauteur du nouveau sol
Une isolation posée au-dessus d’un plancher augmente nécessairement le niveau fini, mais il n’existe pas de hausse universelle de 8 à 15 cm. Le résultat dépend de l’épaisseur d’isolant, du type de chape ou plancher sec et du revêtement.
Avant les travaux, vérifiez l’impact sur :
- l’ouverture des portes ;
- les seuils des baies vitrées ;
- la première et la dernière marche d’un escalier ;
- les plinthes ;
- les radiateurs ou équipements fixés très bas ;
- la hauteur sous plafond ;
- les différences de niveau avec les pièces voisines.
Dans certains projets, déposer les anciennes couches du sol permet de récupérer une partie de la hauteur nécessaire au nouvel isolant.
Comment intégrer un plancher chauffant à l’isolation ?
Dans un plancher chauffant, l’isolant placé sous le système sert notamment à limiter les pertes vers le bas afin que la chaleur soit prioritairement transmise à la pièce.
Le panneau doit être spécialement prévu pour cet usage et présenter les caractéristiques mécaniques nécessaires. Certains isolants certifiés pour les sols disposent d’un classement indiquant explicitement leur compatibilité avec un plancher chauffant.
La conception doit également tenir compte du système de chauffage, de la chape et du revêtement final. Un parquet, un carrelage ou un sol souple n’oppose pas nécessairement la même résistance thermique au passage de la chaleur.
Les erreurs qui réduisent l’efficacité de l’isolation du sol
- Isoler un support humide sans en traiter la cause : infiltration, condensation ou remontées d’eau doivent être diagnostiquées avant la pose.
- Choisir l’isolant uniquement selon son lambda : au sol, la résistance à la compression peut être tout aussi déterminante.
- Utiliser un produit non destiné à l’usage prévu : un panneau mural n’est pas automatiquement adapté sous une chape.
- Laisser des espaces entre les panneaux : les discontinuités réduisent l’efficacité de l’ensemble.
- Négliger les jonctions avec les murs : elles constituent des zones importantes de ponts thermiques.
- Comprimer un isolant souple sans que le procédé le prévoie : cela réduit son épaisseur et modifie sa résistance thermique.
- Condamner les ouvertures de ventilation d’un vide sanitaire : l’isolation ne doit pas perturber son fonctionnement.
- Poser automatiquement un pare-vapeur : la membrane doit correspondre à la composition et au comportement hygrothermique du plancher.
- Oublier les réseaux : canalisations, câbles, siphons et vannes doivent rester correctement traités et accessibles lorsque leur maintenance l’exige.
- Couler une chape sur un isolant inadapté : la déformation peut entraîner des désordres dans le revêtement ou la chape.
Quelle technique choisir selon la configuration de la maison ?
| Configuration | Technique à étudier en priorité | Pourquoi ? |
|---|---|---|
| Cave accessible | Isolation en sous-face | Pas de modification du sol des pièces chauffées |
| Sous-sol ou garage non chauffé | Isolation en sous-face | Accès généralement facile au plafond |
| Vide sanitaire accessible | Isolation en sous-face | Permet de conserver le revêtement intérieur |
| Vide sanitaire inaccessible | Isolation par le dessus ou étude d’un procédé spécifique | La sous-face ne peut pas être correctement travaillée |
| Terre-plein existant | Isolation par le dessus lors d’une rénovation du sol | Pas d’accès possible sous la dalle |
| Plancher bois | Entre solives, sous-face ou complexe supérieur selon l’accès | La structure permet plusieurs configurations |
| Construction neuve | Isolation intégrée au complexe de plancher | Niveaux et épaisseurs peuvent être prévus dès la conception |
Quel budget prévoir pour isoler un plancher ?
Donner un tarif unique au mètre carré est peu fiable. Le coût dépend autant de l’accès au plancher et de la préparation du support que de l’isolant lui-même.
Le montant peut notamment varier selon :
- la surface à isoler ;
- la technique par-dessus ou par-dessous ;
- la résistance thermique recherchée ;
- le matériau et son épaisseur ;
- la facilité d’accès au vide sanitaire ou à la cave ;
- la présence de nombreux réseaux ;
- la préparation ou le ragréage du support ;
- la dépose de l’ancien revêtement ;
- la réalisation d’une chape ;
- la pose du nouveau revêtement ;
- les reprises de portes, plinthes et seuils.
Une isolation sous une cave accessible peut ainsi nécessiter beaucoup moins de travaux annexes qu’une isolation par-dessus impliquant la dépose du sol, la réalisation d’une chape et la pose d’un nouveau revêtement.
Que vérifier sur le devis avant la pose de l’isolant ?
Un devis indiquant simplement « isolation du plancher » ne permet pas de vérifier la performance qui sera réellement obtenue. Demandez que les caractéristiques techniques et la méthode de mise en œuvre soient clairement identifiables.
- La référence exacte de l’isolant.
- Son épaisseur.
- Sa conductivité thermique λ.
- La résistance thermique R obtenue.
- Son aptitude à l’usage prévu : sous-face, sous chape, sous dallage ou plancher bois.
- Ses caractéristiques mécaniques lorsque l’isolant doit supporter une chape ou des charges.
- La méthode de fixation.
- Le traitement des jonctions périphériques et des réseaux.
- Les membranes prévues et leur fonction.
- La préparation du support.
- La chape et les finitions comprises ou non dans la prestation.
- Les éventuelles adaptations de portes, seuils et plinthes.
Pour une rénovation bénéficiant d’une aide conditionnée à la performance, vérifiez enfin que le devis mentionne les caractéristiques nécessaires avant le démarrage du chantier et que l’entreprise répond aux exigences du dispositif concerné.