Comprendre les risques spécifiques d’un réseau domotique
La domotique rend la maison plus simple, plus sûre et plus économe en énergie. Elle reste pourtant une cible. Les appareils connectés parlent entre eux, stockent des données et s’ouvrent sur internet. Comprendre comment ils sont visés aide à réduire les risques et à choisir les bons outils de défense.
Expliquer comment les objets connectés peuvent servir de porte d’entrée aux cybercriminels dans le réseau domestique.
Chaque appareil agit comme une petite porte. Une caméra, un thermostat, une serrure, une passerelle Zigbee, un pont Wi‑Fi pour ampoules, un robot aspirateur ou une box multimédia exposent souvent une interface web, une API, ou un port réseau. Quand le mot de passe par défaut n’est pas changé, ou quand le firmware reste ancien, l’appareil devient une cible simple. Les chiffres sont clairs: 1 maison connectée sur 3 présente des failles, et les attaques sur les objets connectés ont bondi de 300 % entre 2020 et 2024. Dans la pratique, un pirate scanne internet, trouve un appareil avec identifiants faibles, puis entre sur le réseau local. De là, il rebondit vers d’autres équipements, lit le trafic non chiffré, ou installe un code qui ouvre un accès persistant. Même un capteur bon marché sans écran peut suffire: il sert de point d’ancrage si le protocole est mal sécurisé ou si le cloud du fabricant fuit des clés d’accès.
Décrire les conséquences potentielles d’une attaque, comme la prise de contrôle à distance ou le vol de données personnelles.
Une prise de contrôle à distance permet d’ouvrir une porte, d’éteindre une alarme, de couper le chauffage ou de suivre vos horaires d’absence en lisant les données de présence. Le vol de données inclut flux vidéo, historiques d’ouverture, adresses IP, géolocalisation, et identifiants. Les dommages ne sont pas que matériels: la perte de vie privée et la fuite de données personnelles sont des atteintes immatérielles avec des effets durables. Sur le plan financier, une rançon peut bloquer l’accès à la box domotique. Sur le plan légal, un système compromis qui sert d’appui pour attaquer d’autres services peut engager votre responsabilité civile. Côté assurance, la domotique est souvent classée comme bien mobilier, avec une couverture parfois limitée. Les conditions varient: certaines polices tiennent compte de la classification des appareils et des mesures de sécurité (mots de passe complexes, authentification à deux facteurs). Comparez les offres et lisez les clauses sur les incidents cyber, car la couverture peut changer selon l’usage et le niveau de protection en place.
Lister les types d’attaques les plus fréquentes ciblant les réseaux domotiques (ransomware, botnets, espionnage).
- Ransomware: chiffrement de la passerelle domotique ou des sauvegardes, demande de rançon en cryptomonnaie.
- Botnets: enrôlement d’appareils (caméras, NAS, routeurs) pour lancer des DDoS massifs.
- Espionnage: accès aux flux vidéo/audio, collecte d’habitudes de vie, cartographie du domicile.
- Brute force et dictionnaires: 70 % des piratages réussis commencent par un mot de passe faible.
- Exploits de firmware: failles non corrigées sur versions obsolètes, ports debug laissés ouverts.
- Attaques man-in-the-middle: interception sur réseau Wi‑Fi mal chiffré ou ponts non isolés.
- Détournement de cloud: compromission de comptes en ligne sans 2FA, tokens réutilisés.
Identifier les failles courantes des objets connectés
Les objets connectés subissent une pression forte: sortir vite, coûter peu, rester simples à l’usage. Cela réduit souvent la sécurité. Des études estiment qu’environ 80% des objets en circulation restent vulnérables. Les méthodes d’évaluation sont en plus inégales, car les protocoles (Wi‑Fi, Zigbee, Z‑Wave, Bluetooth), les usages et les composants varient. Le principe de Security by Design reste la meilleure base, mais trop peu d’appareils l’appliquent. Le volume d’attaques IoT pourrait dépasser 15 milliards d’essais en 2025, ce qui exige une lecture lucide des failles réelles, dès l’achat et lors du déploiement.
Repérer les vulnérabilités dues à des mots de passe par défaut ou faibles sur les appareils connectés.
Les comptes admin “admin/admin” ou “123456” ouvrent la porte aux prises de contrôle automatisées via des dictionnaires de mots de passe. Les caméras IP, enregistreurs vidéo, ponts domotiques et routeurs d’entrée de gamme sont souvent touchés. Un mot de passe faible permet l’ajout du device à un botnet, l’activation du micro ou la redirection de trafic. À l’installation, changer tout mot de passe par défaut sur l’interface web, l’app mobile et, si présent, l’accès SSH ou Telnet. Activer l’authentification à deux facteurs lorsque possible. Éviter la réutilisation entre services. Pour un foyer, viser au moins 12 caractères avec mélange de lettres, chiffres et symboles, ou passer à un gestionnaire de mots de passe.
Signaler les risques liés à l’absence de mises à jour logicielles ou de correctifs de sécurité.
Sans mises à jour, une faille connue reste exploitable des années. Beaucoup d’objets n’ont pas de mécanisme d’update fiable, ou l’update est manuel et donc rarement appliqué. Exemple marquant: en 2017, des chercheurs ont dévoilé une vulnérabilité sur un contrôleur réseau Z‑Wave, protocole très répandu en domotique. Sans correctif, un attaquant proche pouvait dégrader la sécurité d’appairage. Vérifier que le fabricant publie des notes de version et un cycle de support clair. Activer les mises à jour automatiques sur les hubs, caméras, serrures, thermostats et prises connectées. Suivre les avis de sécurité via nvd.nist.gov, cve.mitre.org et cvedetails.com pour repérer les CVE liées à vos modèles.
Mettre en avant les problèmes de chiffrement insuffisant des communications entre objets connectés.
Des flux non chiffrés exposent mots de passe, commandes et vidéos au sniffing sur le réseau local ou en transit vers le cloud. Sur Wi‑Fi, l’usage de WPA2‑AES minimum (idéalement WPA3) et de TLS 1.2+ côté API est essentiel. Sur Zigbee et Z‑Wave, exiger un appairage sécurisé (Zigbee 3.0, S2 pour Z‑Wave). Les ponts et apps qui acceptent du HTTP non sécurisé, du TLS obsolète, ou des certificats invalides doivent être écartés. Vérifier dans l’app si “Chiffrement” ou “Connexion sécurisée” est indiqué; sinon, contrôler le trafic avec un analyseur réseau local.
Erreurs de configuration courantes à corriger immédiatement
- Laisser Universal Plug and Play (UPnP) actif sur le routeur: crée des redirections de port non contrôlées vers des caméras ou NAS. Désactiver UPnP, créer des règles manuelles si besoin.
- Mettre les objets sur le même SSID que les ordinateurs: augmente l’impact d’un objet compromis. Créer un réseau invité/IoT isolé, sans accès latéral, avec mot de passe distinct.
- Ouvrir des ports depuis Internet vers un objet: expose des interfaces d’admin. Préférer un accès via VPN du routeur ou du NAS, jamais un port ouvert brut.
- Garder Telnet/FTP actifs: protocoles en clair et obsolètes. Désactiver, n’autoriser que SSH/SFTP quand c’est nécessaire.
- Utiliser DNS par défaut non filtrant: réduit la détection. Basculer vers un DNS avec blocage de domaines malveillants.
- Laisser services cloud sans contrôle d’accès: partager un flux vidéo par lien public est risqué. Limiter les partages, activer l’authentification forte et les alertes de connexion.
- Ignorer les journaux et alertes: retarde la détection. Activer les logs sur le hub, consulter les événements anormaux chaque mois.
Renforcer la sécurité du Wi-Fi domestique

Sécuriser le Wi‑Fi sert de base à tout réseau domotique. Les objets connectés dépendent du routeur, donc une faille ici expose tout le reste. Personnaliser le réseau, choisir un bon chiffrement, isoler les flux, puis suivre l’activité aide à tenir les risques à distance. Mieux vaut aussi garder le routeur à jour, couper les fonctions qui ouvrent des portes inutiles, et poser un mot de passe solide d’au moins 12 à 16 caractères.
Changer le nom du réseau Wi-Fi (SSID) pour éviter d’indiquer la marque ou le modèle du routeur.
Un SSID qui révèle la marque ou le modèle (ex. “TP-Link_ArcherC6”) aide un attaquant à cibler des failles connues. Un nom neutre réduit ce levier. Choisir un SSID simple, sans infos perso, ni adresse, ni nom de famille. Par exemple “reseau_maison_24” au lieu de “MaisonDupont_Fibre”. Éviter aussi le même nom sur 2,4 GHz et 5 GHz si vous segmentez par usage. Après le changement, reconnecter les appareils et supprimer l’ancien profil sur les téléphones et ordinateurs.
Activer le chiffrement WPA3 ou WPA2 pour protéger les échanges de données sur le réseau sans fil.
Le chiffrement protège les données en transit. Activer WPA3 quand le routeur et les appareils le supportent. Sinon, WPA2-AES reste sûr et largement compatible. Éviter WPA/WEP et WPA2-TKIP, obsolètes. Fixer un mot de passe Wi‑Fi long (12 à 16 caractères), mélangeant lettres, chiffres et signes, sans mots du dictionnaire. Exemple: “fleuve-19!pin%verre”. Mettre à jour le firmware du routeur pour corriger les failles liées au chiffrement et aux modules radio. Couper WPS (Wi‑Fi Protected Setup), souvent vulnérable via le code PIN, et désactiver UPnP si vous n’en avez pas besoin, car il peut ouvrir des ports à votre insu.
Désactiver la diffusion du SSID pour rendre le réseau moins visible aux personnes non autorisées.
Cacher le SSID ne remplace pas le chiffrement, mais réduit la visibilité aux yeux des curieux. Des outils avancés peuvent quand même le voir, donc le gain est modeste. Utile dans des lieux partagés comme des immeubles denses, pour limiter les tentatives basiques. Si vous cachez le SSID, renseignez-le manuellement sur chaque appareil. Vérifiez après coup que tout se connecte bien, surtout les objets qui gèrent mal les réseaux masqués.
Créer un réseau Wi-Fi invité distinct pour les visiteurs afin d’isoler les objets connectés principaux.
Un réseau invité coupe l’accès au cœur du réseau. Les amis accèdent à Internet sans voir vos caméras, capteurs, ou NAS. Activer l’isolation des clients sur ce réseau et poser un mot de passe distinct. Exemple d’usage: réseau principal pour domotique et postes de travail, réseau invité pour téléphones de passage. Aller plus loin avec la segmentation: un SSID pour appareils Apple, un autre pour objets connectés divers, afin de limiter les mouvements latéraux en cas de compromission. Surveiller la liste des appareils connectés à chaque SSID, bloquer tout inconnu, et activer des alertes si le routeur le propose. Mettre à jour le firmware avant de créer ces réseaux, puis vérifier les règles de pare-feu associées.
Adopter des pratiques robustes pour l’authentification et la gestion des accès
Renforcer l’authentification et l’accès réduit la surface d’attaque de tout réseau domotique. L’objectif est simple: s’assurer que seules les bonnes personnes, depuis les bons lieux, avec les bons droits, passent. Le reste doit être bloqué, journalisé, et visible.
Utiliser des mots de passe forts et uniques pour chaque appareil et service domotique.
Changer tous les mots de passe par défaut dès l’installation. Les mots de passe d’usine sont publics et souvent indexés. Viser des phrases de passe longues (16 à 24 caractères), avec des mots sans lien, des chiffres et des symboles. Éviter les politiques d’expiration automatiques trop fréquentes, car elles poussent à choisir des mots de passe plus faibles ou réutilisés. Mieux vaut une phrase longue et stable, stockée dans un gestionnaire de mots de passe, que des rotations forcées tous les 30 jours.
Séparer les identifiants par service: un compte différent pour la box domotique, la caméra, le NAS, et l’application cloud. Activer les protocoles chiffrés pour l’administration: SSH plutôt que Telnet, HTTPS plutôt que HTTP, SMBv3 pour le partage de fichiers, LDAPS pour l’annuaire. Ces couches chiffrées protègent les mots de passe en transit. Limiter l’accès réseau avec un pare-feu: n’ouvrir que les ports utiles et bloquer tout le reste. Filtrer par adresses IP de confiance quand c’est possible, par exemple limiter l’interface d’admin à un seul sous-réseau.
Mettre en place l’authentification à double facteur (2FA) pour accéder à l’interface de gestion.
Activer la 2FA sur la box domotique, le contrôleur Wi‑Fi, les caméras connectées, le NAS et les comptes cloud liés. Privilégier les codes TOTP via une appli d’authentification plutôt que les SMS quand c’est possible. Prévoir des codes de secours imprimés et rangés hors ligne. Pour l’accès distant, combiner 2FA avec un VPN et des règles de pare-feu strictes. Journaliser toutes les tentatives de connexion et activer des alertes en cas d’échec répété. Ces journaux aident à repérer un balayage, un mot de passe fuité, ou un jeton volé.
Limiter les droits d’accès aux utilisateurs selon leurs besoins réels.
Créer des rôles: admin, opérateur, invité. L’admin change la config; l’opérateur gère les scènes; l’invité contrôle quelques appareils. Appliquer le moindre privilège: aucun accès admin pour l’usage du quotidien. Pour les intégrations (IFTTT, assistants vocaux), donner des jetons avec portée limitée, durée courte, et révocation simple. Séparer les réseaux: un VLAN pour les objets, un pour les usagers, un pour l’admin. Des SSID Wi‑Fi distincts évitent que des invités touchent à l’infrastructure. Coupler avec des ACL, IP filtering, et des règles qui n’autorisent que les flux nécessaires.
- Tenir un registre des comptes: qui, quoi, où, niveau de droit, date de création.
- Vérifier chaque mois: supprimer les accès inactifs, révoquer les clés et jetons non utilisés.
- Auditer les groupes et rôles: retirer les droits admin temporaires après usage.
- Contrôler les journaux: connexions, IP sources, heures, anomalies; activer des alertes.
- Revoir le pare-feu: règles encore utiles, ports ouverts, IP autorisées.
- Tester l’accès externe: HTTPS seulement, 2FA actif, aucun service exposé sans besoin.
- Mettre à jour les appareils et noter la version dans le registre.
Mettre à jour et surveiller régulièrement les équipements connectés
Les mises à jour font partie des gestes incontournables pour protéger ses équipements connectés et donc son logement contre les cyberintrusions. Les équipements connectés sont des cibles de choix pour les pirates, car ils sont souvent moins bien sécurisés que les ordinateurs ou les smartphones. Les vulnérabilités augmentent aussi avec le nombre d’appareils présents dans les foyers. Une approche simple et planifiée limite les risques et garde le réseau fiable au quotidien.
Activer les mises à jour automatiques pour tous les objets connectés lorsque cela est possible.
Activer les mises à jour automatiques sur chaque appareil permet de corriger rapidement les failles de sécurité. C’est essentiel pour les caméras IP, routeurs, ponts Zigbee, hubs domotiques, thermostats, sonnettes vidéo et assistants vocaux. Dans l’app, cherchez “Mises à jour automatiques”, “Auto-update” ou “Maintenance”. Sur le routeur, cochez l’option de mise à jour planifiée de nuit. Si un produit ne propose pas d’automatique, notez-le pour un suivi manuel. Privilégiez les marques qui appliquent la “security by design” et publient des correctifs fréquents, par exemple avec un journal de versions public et une durée de support claire.
Vérifier régulièrement la disponibilité de nouveaux firmwares ou correctifs de sécurité.
Même avec l’automatique, tout ne s’installe pas seul. Une fois par mois, ouvrez l’app de chaque fabricant et le portail du routeur pour chercher un firmware récent. Lisez le résumé: “fixe une faille critique”, “ajoute WPA3”, “corrige vulnérabilité Web”. Pour le hub domotique, mettez à jour aussi les plugins et intégrations. Téléchargez depuis la source officielle, évitez les firmwares non signés. Exemple concret: une caméra qui corrige un défaut d’authentification doit être mise à jour avant de la remettre en accès à distance. Gardez une liste simple des versions en place et des dates d’installation.
Contrôler l’activité réseau des appareils pour détecter tout comportement inhabituel.
Une surveillance régulière aide à repérer les anomalies et à agir vite. Sur le routeur, activez les logs, les alertes d’accès sortant inhabituel et l’isolement des invités. Surveillez les pics de trafic la nuit ou quand personne n’est à la maison, car ces heures vides rendent les équipements plus vulnérables aux attaques. Exemples de signaux: une ampoule qui contacte un serveur inconnu, un pont qui ouvre de nombreux ports, une TV connectée qui envoie des données en continu. Placez les objets sur un réseau invité séparé, bloquez les ports non utilisés, et coupez l’accès à distance pour les appareils qui n’en ont pas besoin.
Établir un calendrier de vérification périodique de la sécurité des équipements.
Fixez un rythme clair: contrôle rapide chaque semaine (alertes, statuts), vérification mensuelle (firmwares, comptes, accès distants), revue trimestrielle plus large (inventaire, suppression d’appareils obsolètes, test des sauvegardes). Ajoutez un rappel dans votre agenda. Testez aussi les notifications: intrusion, nouvelle connexion, échec de mise à jour. Les cybercriminels peuvent utiliser des objets connectés mal protégés pour pénétrer le réseau; ce planning réduit la fenêtre d’attaque et maintient une hygiène stable.
Explorer les solutions avancées pour une cybersécurité renforcée
Ce volet vise des mesures concrètes et robustes pour durcir un réseau domotique. Le contexte est tendu: 1 maison connectée sur 3 présente des failles, les attaques IoT ont bondi de 300 % entre 2020 et 2024, et plus de 2,5 milliards d’objets ont été pris pour cibles en 2024. Les tentatives devraient dépasser 15 milliards en 2025. Les caméras non mises à jour restent un point noir: 40 % sont vulnérables. La stratégie doit couvrir les accès locaux et distants, les échanges entre utilisateurs, serveurs, applis, sites et équipements. Elle doit aussi intégrer surveillance en temps réel, détection, réponse, journaux centralisés, et prévention.
Installer un pare-feu matériel ou logiciel dédié à la protection du réseau domotique
Un pare-feu dédié filtre le trafic entrant et sortant selon des règles claires. C’est la porte d’entrée gardée. Pour un foyer avec objets sensibles (caméras, alarmes, capteurs), un modèle matériel de type “next‑gen” est adapté: inspection profonde des paquets, IDS/IPS intégré, QoS, et blocage par pays ou protocole. Un pare-feu logiciel sur un mini‑PC (ex: OPNsense, pfSense) reste une option souple et peu coûteuse si vous avez un peu de temps pour le régler. Bon réglage: bloquer tout entrant, n’ouvrir que les ports utiles, interdire l’UPnP, limiter le trafic sortant des objets à leurs services légitimes (ex: NTP, MQTT, HTTPS), activer la prévention des intrusions, et forcer DNS vers un résolveur sûr avec filtrage. Ajouter des alertes en temps réel et des logs exportés vers un serveur de journalisation central (ex: syslog) permet une détection et réponse plus rapides. Le choix dépend des besoins réels: pare‑feu, IDS/IPS, contrôle d’accès, zéro trust, EDR/endpoint, sécurité cloud, VPN ou SASE.
Segmenter le réseau local pour isoler les objets connectés sensibles des autres appareils
La segmentation réduit l’impact d’une faille. Elle sépare les zones par usage: utilisateurs, serveurs, Wi‑Fi invité, sauvegardes, production, administration, équipements sensibles, systèmes critiques. Sur un routeur ou un switch gérant les VLAN, créer au moins: un VLAN “IoT” isolé, un VLAN “utilisateurs”, un VLAN “invités”, et si possible un VLAN “admin”. Règles simples: interdire le trafic latéral entre objets IoT, n’autoriser que les flux nécessaires vers les services (ex: IoT -> serveur MQTT interne, NTP, HTTPS), et autoriser les postes d’admin à joindre l’IoT par port et protocole précis. Exemple: les caméras n’accèdent pas à Internet, elles envoient le flux vers un NVR local; l’accès distant passe par VPN. Cette approche limite la surface d’attaque et facilite la surveillance. Elle s’accorde bien avec une logique zero trust: pas de confiance implicite, vérification à chaque accès.
Utiliser un VPN pour chiffrer les connexions à distance vers le réseau domestique
Un VPN chiffre les accès depuis l’extérieur et évite d’exposer le réseau domotique au web. Installer un serveur VPN sur le pare‑feu ou un hôte dédié (WireGuard, OpenVPN) et désactiver tout accès direct aux interfaces d’objets. Configurer des profils par utilisateur, activer l’authentification forte (mot de passe long + clé ou MFA), limiter les routes au strict nécessaire, et journaliser les connexions. Pour les sites distants (ex: résidence secondaire), un tunnel site‑à‑site chiffré garde la même politique: trafic minimal, services déclarés, alertes en temps réel. Couplé à la segmentation, le VPN n’ouvre qu’une porte contrôlée, sous surveillance et avec réponse possible.
| Solution avancée | Fonctions clés | Bénéfices |
| Pare-feu dédié (NGFW) + IDS/IPS | Filtrage L3-L7, prévention, journaux, géo‑blocage | Réduit l’exposition, bloque les scans et exploits |
| Segmentation (VLAN/ACL) | Cloisonnement par usage, règles fines | Limite la propagation, simplifie la détection |
| VPN (WireGuard/OpenVPN) | Chiffrement bout‑à‑bout, MFA, profils | Accès distant sûr, pas d’exposition d’objets |
Anticiper les erreurs fréquentes et sensibiliser les utilisateurs

Cette partie vise à réduire les failles humaines, souvent plus critiques que les défauts techniques. Elle couvre les réflexes à ancrer, le contrôle d’accès, et la réponse en cas d’incident.
Former tous les membres du foyer aux bonnes pratiques de sécurité numérique.
La sécurité du réseau couvre plusieurs dimensions, mais commence par l’humain. Expliquez à chaque membre du foyer ce qu’est une attaque d’ingénierie sociale et comment elle se présente: faux support technique, lien de suivi de colis, pièce jointe “facture”. Des formations proposées par des tiers peuvent aider à renforcer ces réflexes. Un module simple, 30 minutes par trimestre, suffit pour revoir les bases.
Posez des règles claires et visibles près des points d’accès: on ne branche pas de clé USB inconnue sur le hub domotique, on ne scanne pas un QR code collé dans l’ascenseur, on vérifie l’URL avant de se connecter à l’interface d’administration. Distinguez les connexions Wi‑Fi des terminaux personnels ou invités de celles des systèmes critiques, et filtrez leurs flux: un réseau “Invités” isolé pour smartphones et TV, un réseau “IoT” cloisonné pour capteurs et caméras, un réseau “Admin” restreint pour la gestion. Le contrôle d’accès est central: chaque système et chaque utilisateur doit être authentifié et autorisé avant toute action.
Rappeler l’importance de ne jamais partager les mots de passe ou codes d’accès.
Ne partagez pas de mots de passe, même “temporairement”. Si quelqu’un a besoin d’un accès, créez-lui un compte dédié avec droits limités et révoquez-le après usage. L’accès des systèmes et des utilisateurs doit toujours être préalablement authentifié et autorisé. Pour les mots de passe, ciblez la longueur avant tout: supérieur à 15 caractères, idéalement une phrase secrète facile à retenir et dure à deviner. Évitez les politiques d’expiration forcée: elles poussent à choisir des mots de passe faibles et récurrents; mieux vaut un secret long et unique, stocké dans un gestionnaire. Activez l’authentification à deux facteurs quand c’est possible, et désactivez l’accès à distance si vous ne l’utilisez pas.
Documenter les procédures à suivre en cas de suspicion de compromission du réseau.
Rédigez un plan simple d’une page, imprimé et accessible. Décrivez quoi faire, qui fait quoi, et avec quels outils.
- Que faire: déconnecter l’équipement suspect du Wi‑Fi, couper l’alimentation si nécessaire, changer les mots de passe critiques (routeur, contrôleur domotique), relever l’heure et les symptômes.
- Où vérifier: journaux du routeur, applications des appareils, portail du fournisseur internet, comptes cloud liés aux objets.
- Qui prévenir: propriétaire du réseau, membre de confiance, support du fabricant si un appareil est en cause.
- Comment rétablir: restaurer la config depuis une sauvegarde propre, réinscrire l’appareil sur le bon VLAN/SSID, appliquer les mises à jour.
- Quand escalader: si des caméras ou serrures ont été touchées, si des achats ou actions à distance sont apparus, si le trafic sortant est anormal.
Erreurs courantes à éviter:
- Installer des applications non vérifiées ou venues de sources inconnues
- Ouvrir des liens ou pièces jointes suspects
- Réutiliser le même mot de passe sur plusieurs services
- Laisser les identifiants par défaut sur routeurs ou objets
- Mélanger appareils invités et systèmes critiques sur le même Wi‑Fi
- Exposer l’interface d’administration sur internet sans besoin
- Ignorer les mises à jour de sécurité des appareils et du routeur