Les différents types d’isolants : Comment choisir le meilleur pour votre projet

23 février 2024

La performance d’une isolation ne dépend pas uniquement du matériau choisi. Laine de verre, fibre de bois, ouate de cellulose, polyuréthane ou polystyrène peuvent tous être pertinents, mais pas nécessairement au même endroit ni dans les mêmes conditions. Un isolant destiné à des combles perdus n’a pas les mêmes contraintes qu’un panneau placé sous une chape, derrière un bardage extérieur ou contre un mur ancien.

Pour choisir correctement, il faut regarder la résistance thermique recherchée, l’épaisseur disponible, le comportement face à l’humidité, les performances acoustiques, la réaction au feu, la résistance mécanique et le procédé de pose. Le budget et l’impact environnemental peuvent ensuite départager plusieurs solutions techniquement adaptées.

Il faut également se méfier des pourcentages génériques de déperditions thermiques attribués à chaque paroi. La part des pertes par la toiture, les murs, les fenêtres ou le plancher varie fortement selon l’âge du bâtiment, sa géométrie, son état et les travaux déjà réalisés. Dans une rénovation, un diagnostic global est donc plus utile qu’une règle affirmant systématiquement que « 30 % de la chaleur part par le toit ».

Comment comparer les performances de deux isolants ?

Avant de comparer les familles de matériaux, deux indicateurs permettent de comprendre leur performance thermique : la conductivité thermique λ et la résistance thermique R.

La conductivité thermique lambda

La conductivité thermique, notée λ et exprimée en W/(m.K), indique la capacité du matériau à transmettre la chaleur. Plus cette valeur est faible, plus le matériau est isolant à épaisseur identique.

Il ne faut cependant pas comparer les familles à partir d’une valeur lambda générique trouvée dans un tableau. La conductivité varie selon le produit, sa densité et sa composition. Pour un chantier, utilisez la valeur déclarée ou certifiée du produit réellement proposé.

La résistance thermique R

La résistance thermique R, exprimée en m².K/W, indique la capacité de la couche d’isolant installée à s’opposer aux transferts de chaleur. Plus R est élevé, plus la couche est isolante.

Elle dépend à la fois du lambda et de l’épaisseur :

R = épaisseur de l’isolant en mètres ÷ conductivité thermique λ.

Un matériau doté d’un lambda très faible permet donc d’atteindre une résistance thermique donnée avec moins d’épaisseur. Cet avantage est particulièrement intéressant lorsque chaque centimètre compte, par exemple dans une isolation intérieure qui réduit la surface habitable.

La certification est-elle importante pour choisir un isolant ?

En France, la certification ACERMI permet notamment de vérifier les performances déclarées de nombreux produits isolants. Selon le produit et son usage, le certificat peut porter sur la conductivité thermique, la résistance thermique, la compression, l’absorption d’eau ou d’autres caractéristiques.

Cette vérification est plus fiable qu’une comparaison fondée uniquement sur les affirmations commerciales du fabricant. Deux panneaux présentés comme étant de la même famille peuvent avoir des performances différentes.

Les isolants minéraux

Les laines minérales occupent une place importante dans l’isolation des logements. Elles sont disponibles sous différentes formes et densités afin de traiter les combles, murs, cloisons ou certaines toitures. La vermiculite et la perlite expansées appartiennent également aux isolants d’origine minérale, mais répondent à des usages différents.

La laine de verre

La laine de verre est fabriquée à partir de matières minérales, avec une proportion variable de verre recyclé selon les produits. Elle existe en rouleaux, panneaux et produits destinés au soufflage.

Elle offre un rapport intéressant entre performances thermiques, disponibilité et coût. Selon les produits, elle peut être utilisée dans les combles, les rampants de toiture, les cloisons et Pour une isolation par l’intérieur.

La laine de verre ne doit toutefois pas être présentée comme un matériau « sans aucun risque » lors de sa manipulation. Les fibres et poussières peuvent provoquer des irritations mécaniques de la peau, des yeux et des voies respiratoires. Pendant la découpe et la pose, il convient de respecter les précautions et équipements de protection préconisés par le fabricant.

La qualité de pose est également déterminante. Une laine comprimée de manière non prévue, discontinue ou laissant des espaces autour de l’ossature n’offre pas la performance correspondant à une mise en œuvre correcte.

La laine de roche

La laine de roche

La laine de roche appartient elle aussi aux laines minérales. Elle est proposée en rouleaux, panneaux, coquilles ou produits en vrac selon les applications.

Elle présente de bonnes performances thermiques et peut participer efficacement à l’isolation acoustique lorsqu’elle est intégrée dans un système de paroi adapté. De nombreux produits présentent également une très bonne réaction au feu, mais il faut vérifier l’Euroclasse du produit réellement choisi.

Certains panneaux de forte densité sont adaptés à des applications qui nécessitent davantage de résistance mécanique, comme certaines toitures ou façades. La laine de roche n’est toutefois pas destinée à rester continuellement imbibée d’eau : l’exposition à l’humidité doit être maîtrisée conformément au système constructif prévu.

La vermiculite

La vermiculite est un minéral expansé sous l’effet de la chaleur. Très légère et incombustible selon sa composition, elle peut être utilisée en vrac dans certaines applications, notamment pour remplir des espaces difficiles d’accès ou dans des systèmes spécifiques.

Elle peut contribuer à une meilleure isolation thermique et phonique, mais son intérêt doit être étudié à partir de la résistance thermique réellement obtenue. À épaisseur comparable, d’autres isolants offrent souvent une conductivité thermique plus faible.

Les isolants biosourcés

Le terme biosourcé désigne des matériaux issus en totalité ou en partie de la biomasse, c’est-à-dire de matières organiques renouvelables d’origine végétale ou animale. Pour l’isolation, on rencontre notamment les fibres de bois, le chanvre, la ouate de cellulose, le liège, le lin, le coton recyclé ou encore la laine de mouton.

Il est plus précis de parler d’isolants biosourcés que d’isolants « écologiques ». Le caractère naturel ou renouvelable d’une matière ne suffit pas à déterminer son impact environnemental total. Transformation, transport, additifs, quantité nécessaire, durée de vie et fin de vie doivent également être pris en compte.

La fibre de bois

La fibre de bois est proposée sous forme de panneaux souples, semi-rigides ou rigides et, selon les produits, en vrac. Elle peut être utilisée pour les murs, les rampants, certaines isolations par l’extérieur ou les structures à ossature bois.

Les panneaux de plus forte densité présentent une capacité thermique intéressante et peuvent participer au confort d’été lorsqu’ils sont correctement intégrés à l’enveloppe du bâtiment. Le comportement est toutefois celui de la paroi complète : isolant, masse du bâtiment, protections solaires, ventilation nocturne et orientation interviennent également.

La fibre de bois demande souvent une épaisseur supérieure à celle d’un panneau synthétique très performant pour atteindre le même R. Son coût peut également être plus élevé selon la solution retenue.

La laine de chanvre

Les fibres de chanvre sont utilisées dans des panneaux ou rouleaux souples et semi-rigides, parfois en association avec d’autres fibres. Elles conviennent notamment à l’isolation de murs, cloisons, rampants et constructions à ossature.

Le chanvre présente des propriétés hygrothermiques intéressantes, mais cela ne signifie pas qu’il peut être exposé durablement à une infiltration ou installé contre un mur humide sans précaution. Comme avec tout isolant, l’origine de l’humidité doit être traitée avant les travaux et le fonctionnement de la paroi doit être cohérent avec le transfert de vapeur d’eau.

La ouate de cellulose

La ouate de cellulose est principalement fabriquée à partir de papier ou de carton recyclé défibré auquel sont ajoutés des adjuvants selon les produits. Elle est particulièrement connue pour l’isolation des combles perdus par soufflage.

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Elle peut également être insufflée dans des caissons fermés ou utilisée dans d’autres systèmes lorsque le produit et l’Avis Technique ou les prescriptions de mise en œuvre le permettent.

Lors d’un soufflage en combles, il faut tenir compte du tassement prévu par le procédé afin que la résistance thermique souhaitée reste atteinte après stabilisation. Les dispositifs électriques, conduits, trappes et autres points singuliers doivent également être traités conformément aux règles de mise en œuvre.

Le liège expansé

Le liège expansé est disponible notamment sous forme de panneaux. Il présente un intérêt pour différentes applications thermiques et acoustiques et dispose d’une bonne stabilité dans des conditions adaptées au produit.

Son coût au mètre carré peut être supérieur à celui de solutions plus courantes. Il devient donc particulièrement intéressant lorsque ses autres caractéristiques — matériau biosourcé, comportement acoustique, résistance à la compression ou compatibilité avec une application donnée — répondent réellement aux besoins du chantier.

Les isolants synthétiques

Contrairement à ce qu’indique parfois une définition erronée, les isolants synthétiques ne sont pas fabriqués à partir de matières organiques animales ou végétales. Les principaux produits de cette famille sont issus de polymères et comprennent notamment le polystyrène expansé (PSE), le polystyrène extrudé (XPS), le polyuréthane (PUR) et le polyisocyanurate (PIR).

Leur principal intérêt est souvent de proposer de bonnes performances thermiques avec une épaisseur maîtrisée. Selon leur structure, ils peuvent également offrir une bonne résistance à la compression ou à l’humidité, ce qui les rend adaptés à des zones où une laine souple ne conviendrait pas.

Le polyuréthane

Le polyuréthane présente généralement une conductivité thermique faible, ce qui permet d’atteindre une résistance thermique élevée avec une épaisseur relativement limitée. Il existe notamment sous forme de panneaux rigides et de mousses destinées à certaines applications.

Il peut être utilisé pour le sol, certaines toitures ou d’autres parois lorsque le produit est prévu pour cet usage.

Sa réaction au feu doit être examinée à partir du classement du produit et de la composition de la paroi. Les isolants polymères doivent être mis en œuvre avec les protections et parements prévus par le système constructif : il n’est pas pertinent de qualifier un matériau isolant de « parfaitement sûr » ou « dangereux » sans tenir compte de l’ouvrage complet.

Le polyisocyanurate (PIR)

Le PIR appartient à la famille des mousses rigides à hautes performances thermiques. Sa faible conductivité en fait un bon isolant thermique lorsque l’épaisseur disponible est limitée.

Il n’existe pas de raison générale de réserver le PIR à l’intérieur parce qu’il serait « faible face au froid ». Son domaine d’emploi dépend du panneau, de ses parements et du système auquel il appartient. On trouve notamment des solutions destinées aux murs, sols et différentes configurations de toiture.

Le polyuréthane

Le polystyrène expansé (PSE)

Le polystyrène expansé est un isolant léger constitué de billes expansées agglomérées. Il est particulièrement présent dans les systèmes d’isolation thermique par l’extérieur, les sols et différentes applications sous forme de panneaux.

Son rapport entre coût et performance thermique explique sa diffusion importante. Il existe plusieurs qualités et densités : un panneau destiné à une façade n’est donc pas automatiquement adapté à un plancher soumis à des charges.

Comme pour tous les isolants, sa réaction au feu et son comportement dans l’ouvrage doivent être considérés au niveau du système complet avec ses enduits, parements ou protections.

Le polystyrène extrudé (XPS)

Le XPS se distingue du PSE par sa structure et présente généralement une faible absorption d’eau ainsi qu’une résistance mécanique intéressante selon les produits. Ces caractéristiques le rendent pertinent dans certaines zones exposées à l’humidité ou aux charges.

On le rencontre notamment sous dallage, dans certaines isolations de soubassement ou dans des systèmes de toiture inversée. Il ne doit toutefois pas être choisi simplement parce qu’il « résiste à l’eau » : le produit doit être certifié ou prévu pour l’application exacte envisagée.

Quel isolant choisir pour des combles perdus ?

Dans des combles qui ne sont pas aménagés, isoler le plancher du grenier permet généralement de placer l’isolant au plus près du volume chauffé. Les solutions en vrac sont particulièrement pratiques lorsque la surface comporte de nombreux éléments de charpente ou des zones difficiles d’accès.

Parmi les solutions possibles figurent notamment :

  • la laine minérale soufflée ;
  • la ouate de cellulose soufflée ;
  • certains isolants biosourcés en vrac prévus pour cet usage ;
  • des rouleaux ou panneaux lorsque la configuration permet une pose continue et correcte.

Le choix dépend du R visé, de la hauteur disponible, de l’accès aux combles et des contraintes liées aux équipements présents. La ventilation de la toiture, les conduits de fumée, les spots encastrés et les trappes demandent notamment un traitement approprié.

Quel isolant choisir sous les rampants de toiture ?

Dans des combles aménagés, l’épaisseur disponible entre et sous les chevrons devient souvent déterminante. Les laines minérales, fibres de bois et autres panneaux semi-rigides peuvent s’adapter à une ossature, tandis que des panneaux plus performants thermiquement peuvent être utilisés dans certains complexes lorsque l’espace manque.

Il faut également traiter correctement la continuité de l’isolation et l’étanchéité à l’air. Les jonctions avec les murs, fenêtres de toit et éléments de charpente sont des zones où des défauts de pose peuvent créer des ponts thermiques.

Pour le confort d’été, le matériau ne doit pas être étudié isolément. La protection solaire des fenêtres de toit, la ventilation nocturne, l’inertie des parois et les caractéristiques de la couverture influencent fortement les températures sous les combles.

Quel isolant choisir pour les murs par l’intérieur ?

Une isolation thermique par l’intérieur réduit la surface habitable. Il faut donc trouver un équilibre entre résistance thermique, épaisseur et comportement de la paroi existante.

Les solutions fréquentes comprennent :

  • laine de verre ou laine de roche derrière une contre-cloison ;
  • fibre de bois, chanvre ou autres panneaux biosourcés adaptés ;
  • panneaux rigides à hautes performances lorsque l’épaisseur disponible est très limitée ;
  • complexes isolant-plaque de plâtre prévus pour être posés selon un procédé déterminé.

Dans une maison ancienne, le comportement hygrothermique du mur existant doit être étudié avec attention. Une paroi en pierre, en terre ou présentant des remontées capillaires ne doit pas être traitée exactement comme un mur moderne sec.

L’ADEME recommande de ne jamais réaliser une isolation sur une paroi qui présente des signes d’humidité sans en avoir préalablement identifié et traité la cause.

Quel isolant choisir pour une isolation thermique par l’extérieur ?

L’isolation thermique par l’extérieur permet de créer une enveloppe relativement continue et de traiter davantage de ponts thermiques qu’une isolation intérieure. Elle peut être réalisée sous enduit ou sous bardage selon le système.

Parmi les matériaux couramment utilisés figurent :

  • le PSE dans de nombreux systèmes sous enduit ;
  • la laine de roche dans des systèmes adaptés ;
  • les panneaux en fibre de bois dans certaines solutions sous enduit ou bardage ;
  • d’autres panneaux disposant d’un système validé pour l’usage prévu.

Il ne suffit pas d’acheter un panneau isolant et de choisir ensuite un enduit. Une isolation extérieure fonctionne comme un système : isolant, fixations, sous-enduit, armature, finition ou ossature de bardage doivent être compatibles.

Quel isolant choisir pour un plancher ou sous une chape ?

Un isolant de sol doit non seulement freiner les transferts de chaleur, mais aussi supporter les charges prévues sans se déformer excessivement. La résistance à la compression devient donc un critère essentiel.

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Selon la configuration, on peut rencontrer des panneaux en PSE, XPS, polyuréthane, PIR, laine minérale de sol ou d’autres matériaux spécifiquement certifiés pour cet usage.

Ne remplacez pas un panneau de sol par un isolant plus souple simplement parce que leurs valeurs lambda sont proches. La résistance mécanique fait partie de la conception de la dalle ou de la chape.

Quel isolant dans une cave, un sous-sol ou un environnement humide ?

La première étape consiste à distinguer humidité normale d’un local non chauffé, condensation et véritable infiltration. Aucun isolant ne doit être utilisé pour masquer un problème d’eau.

Dans certaines applications exposées à l’humidité, des panneaux rigides présentant une faible absorption d’eau, comme certains XPS, peuvent être particulièrement adaptés. Le choix dépend néanmoins de la position de l’isolant, de la paroi et du procédé constructif.

Une cave présentant des infiltrations, des remontées capillaires ou une ventilation déficiente doit être diagnostiquée avant d’être isolée.

Quel isolant choisir lorsque l’épaisseur disponible est très faible ?

Lorsque quelques centimètres seulement sont disponibles, les matériaux dotés des conductivités thermiques les plus faibles deviennent intéressants. Certains panneaux PUR ou PIR permettent notamment d’obtenir un R élevé avec une épaisseur inférieure à celle de nombreux isolants fibreux.

Des solutions encore plus performantes par unité d’épaisseur, telles que certains produits à base d’aérogel ou panneaux isolants sous vide, existent également pour des applications particulières. Leur prix et leurs contraintes de pose les réservent généralement aux zones où le manque d’espace justifie réellement leur utilisation.

Les isolants minces réfléchissants remplacent-ils une isolation classique ?

Les produits minces réfléchissants sont parfois présentés comme une manière d’obtenir des performances élevées avec quelques millimètres ou centimètres d’épaisseur. Leur performance réelle dépend toutefois du produit et de ses conditions de mise en œuvre, notamment de la présence et de la configuration des lames d’air associées.

Il faut donc consulter la résistance thermique déclarée ou certifiée de la solution dans sa configuration prévue, plutôt que de comparer seulement son épaisseur à celle d’une laine ou d’un panneau conventionnel.

Un produit réfléchissant peut participer à un complexe isolant lorsque son procédé le prévoit, mais il ne faut pas considérer automatiquement une faible épaisseur comme l’équivalent de plusieurs dizaines de centimètres d’un autre isolant.

Quel isolant offre la meilleure isolation acoustique ?

La performance acoustique d’une paroi ne peut pas être déduite de sa résistance thermique. Un excellent isolant thermique n’est pas nécessairement la meilleure solution contre les bruits.

Dans une cloison ou un doublage, les matériaux fibreux comme certaines laines minérales, fibres de bois, chanvre ou autres isolants poreux peuvent contribuer à absorber l’énergie acoustique dans la cavité. Mais le résultat final dépend également des plaques de parement, de leur masse, du nombre de couches, du désolidarisation de l’ossature et de la qualité des raccords.

Si l’objectif principal est de réduire le bruit, comparez les performances acoustiques du système de paroi complet plutôt que celles de l’isolant seul.

Quel isolant privilégier pour le confort d’été ?

En période chaude, le lambda ne raconte pas toute l’histoire. La capacité thermique et la densité des matériaux peuvent jouer un rôle dans la manière dont une paroi stocke et restitue la chaleur.

Les isolants biosourcés relativement denses, comme certaines fibres de bois ou ouates de cellulose, sont souvent recherchés dans cette optique. Le ministère chargé du Logement souligne notamment les qualités hygrothermiques et de déphasage de plusieurs matériaux biosourcés.

Il serait néanmoins excessif d’affirmer qu’un isolant suffit à garantir une maison fraîche. En été, les protections solaires extérieures, la quantité de vitrages, l’orientation, la ventilation nocturne, l’inertie et les apports internes jouent un rôle majeur.

Comment prendre en compte la réaction au feu ?

Les comportements au feu varient fortement entre matériaux, mais aussi entre produits d’une même famille. Pour comparer, consultez notamment l’Euroclasse indiquée dans la documentation technique lorsque celle-ci est applicable.

Il faut en outre distinguer la réaction au feu du produit et la résistance au feu de la paroi complète. Un isolant combustible peut être intégré derrière un parement protecteur dans un système conçu et évalué pour atteindre une performance déterminée.

Ne choisissez donc pas une isolation sur la base d’une affirmation générale selon laquelle telle famille serait « ignifuge » ou telle autre nécessairement dangereuse. Vérifiez le classement du produit et la conception de l’ouvrage.

Le pare-vapeur est-il obligatoire avec tous les isolants ?

Non. L’utilisation et la position d’un pare-vapeur ou d’un frein-vapeur dépendent de la composition de la paroi, du climat, du matériau, de l’usage du bâtiment et du procédé constructif.

Poser une membrane étanche à la vapeur sans analyser le fonctionnement du mur ou de la toiture peut emprisonner de l’humidité au mauvais endroit. À l’inverse, omettre une membrane lorsqu’elle est nécessaire peut favoriser la condensation dans la paroi.

Pour les parois anciennes et les configurations complexes, une étude hygrothermique peut être utile afin de déterminer la solution adaptée.

Biosourcé signifie-t-il automatiquement plus écologique ?

Les matériaux biosourcés présentent notamment l’intérêt d’utiliser une matière première renouvelable et, pour certains, de stocker du carbone biogénique pendant leur présence dans le bâtiment. Cela ne permet toutefois pas de classer automatiquement tous les produits biosourcés devant tous les produits minéraux ou synthétiques.

Pour comparer sérieusement l’impact environnemental, il faut mettre en regard des solutions capables de fournir une fonction équivalente pendant une durée comparable. Un isolant nécessitant deux fois plus d’épaisseur, une ossature différente ou des produits complémentaires ne peut pas être comparé uniquement au kilogramme de matière.

En France, les Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES) disponibles dans la base INIES fournissent des données issues d’analyses de cycle de vie. Elles peuvent aider à comparer des solutions, à condition d’utiliser des unités fonctionnelles et des périmètres comparables.

Quel isolant choisir selon la partie de la maison ?

Zone à isolerSolutions fréquemment adaptéesCritères prioritaires
Combles perdusOuate de cellulose, laine minérale ou autre isolant en vrac ou rouleau prévu pour cet usageR recherché, tassement, continuité, accès
Rampants de toitureLaine minérale, fibre de bois, chanvre, panneaux techniques selon le complexeÉpaisseur, confort d’été, étanchéité à l’air, vapeur d’eau
Mur par l’intérieurLaines minérales ou biosourcées, panneaux rigides à haute performanceR, perte de surface, humidité du mur, acoustique
Mur par l’extérieurPSE, laine de roche, fibre de bois et systèmes spécifiquesCompatibilité du système, feu, humidité, finition
Sol sous chapePSE de sol, XPS, PUR/PIR ou autres panneaux adaptésRésistance à la compression, R, humidité
Soubassement ou zone exposée à l’humiditéXPS et produits spécialement prévus pour ces conditionsAbsorption d’eau, compression, drainage
Toiture-terrassePIR, PUR, laine minérale, PSE/XPS ou autres systèmes selon la conceptionCompression, étanchéité, feu, compatibilité du complexe
Épaisseur très limitéePUR/PIR et solutions techniques à très faible conductivitéLambda, prix, contraintes de pose

Comment choisir entre laine minérale, biosourcé et isolant synthétique ?

CritèreLaines minéralesIsolants biosourcésIsolants synthétiques rigides
Performance thermique par cmBonne à très bonne selon le produitBonne selon le produitSouvent très bonne, notamment PUR/PIR
AcoustiqueIntéressante dans les systèmes adaptésIntéressante pour de nombreux produits fibreuxVariable, pas toujours le principal avantage
Confort d’étéDépend du systèmeCertains produits denses sont intéressantsDépend fortement de la paroi complète
Résistance à la compressionVariable selon les panneauxVariable selon le produitBonne pour de nombreux panneaux destinés aux sols/toitures
Réaction au feuSouvent très favorable pour les laines minérales, à vérifier sur le produitVariableVariable et dépend du système de protection
Épaisseur nécessaireIntermédiaireSouvent plus importante que les mousses à très faible lambdaSouvent avantageuse lorsque l’espace est limité
Impact environnementalÀ comparer via les données du produitIntérêt de la ressource renouvelable pour de nombreux produitsÀ comparer via l’analyse de cycle de vie du produit

Les erreurs à éviter lors du choix d’un isolant

  • Choisir uniquement selon le prix au mètre carré : deux produits de même prix peuvent ne pas atteindre la même résistance thermique.
  • Comparer seulement le lambda : l’épaisseur réellement installable et la résistance thermique finale comptent davantage.
  • Utiliser le même isolant partout : murs, toiture et sols n’imposent pas les mêmes contraintes.
  • Choisir un isolant souple sous une forte charge : un produit de sol doit présenter les caractéristiques mécaniques nécessaires.
  • Isoler un mur humide sans diagnostic : il faut d’abord identifier infiltration, condensation ou remontées capillaires.
  • Compresser un isolant fibreux pour le faire entrer : sauf indication spécifique du procédé, cela modifie son épaisseur et peut réduire la résistance thermique obtenue.
  • Laisser des espaces entre les panneaux : la continuité de l’isolation est indispensable pour limiter les ponts thermiques.
  • Poser automatiquement un pare-vapeur : son utilité et sa position doivent correspondre à la composition réelle de la paroi.
  • Supposer que « naturel » signifie sans traitement : certains produits biosourcés contiennent des liants ou additifs nécessaires à leur fabrication et à leurs performances.
  • Déduire les performances acoustiques du R thermique : l’isolation phonique doit être évaluée séparément.
  • Se fier uniquement à l’épaisseur : 100 mm de deux isolants différents ne fournissent pas nécessairement la même résistance thermique.
  • Négliger la ventilation : améliorer fortement l’étanchéité et l’isolation d’un logement impose de conserver un renouvellement d’air efficace.

Que vérifier sur le devis d’isolation ?

Un devis indiquant simplement « pose de laine de verre » ou « isolation des murs » ne permet pas de savoir précisément quelle performance sera obtenue. Demandez que les caractéristiques principales soient identifiables.

  • La marque et la référence du produit afin de retrouver sa documentation technique.
  • L’épaisseur installée.
  • La conductivité thermique λ déclarée ou certifiée.
  • La résistance thermique R de la couche prévue.
  • Les caractéristiques mécaniques lorsqu’il s’agit d’un sol, d’une toiture ou d’une autre zone chargée.
  • La réaction au feu lorsque ce critère est important pour la configuration.
  • Le procédé de fixation ou de mise en œuvre.
  • Les membranes prévues et leur fonction dans la paroi.
  • Le traitement des jonctions et points singuliers : fenêtres, planchers, murs de refend, trappes ou réseaux.
  • Les parements et finitions compris dans le prix.
  • La certification du produit ou le document technique correspondant lorsque le procédé en dispose.

Pourquoi la mise en œuvre peut être plus importante que quelques centièmes de lambda ?

Entre deux isolants affichant des performances proches, la qualité de la mise en œuvre peut avoir davantage d’effet sur le résultat que le faible écart entre leurs valeurs lambda.

Des panneaux laissant des jours, une membrane d’étanchéité à l’air mal raccordée, des passages de gaines non traités ou de nombreux ponts thermiques peuvent dégrader la performance globale de l’enveloppe.

Le choix du « meilleur isolant » doit donc se faire au niveau du système complet : matériau, épaisseur, support, membranes, parements, traitement de l’humidité, ventilation et qualité de pose doivent être compatibles entre eux.